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Fri. Jun 21st, 2024

Dans son allocution tant attendue de la semaine dernière, le Président Macky Sall a éclairé la lanterne des Sénégalais sur sa volonté de réduire son mandat de 7 à 5 ans. Il a en effet décidé, après avoir exprimé sa volonté de suivre l’avis du Conseil Constitutionnel de ne pas réduire le mandat et d’arriver à son terme. Ainsi, le référendum qui sera organisé le 20 mars avas va consacrer la réduction du mandat présidentiel mais cette réduction ne peut pas s’appliquer à son mandat à lui. Mais elle sera effective pour mes prochaines élections prévues en 2019.
Des 30 minutes d’allocution du Président des Sénégalais, seul l’application de la réduction du mandat au mandat en cours intéressait vraiment ses compatriotes. Les autres points relatifs au mode d’élection, au statut de l’opposition et à son financement n’étaient qu’accessoires. C’était plutôt d savoir s’il allait revenir sur sa promesse de réduire le mandat présidentiel et de se l’appliquer. Ce qui constituerait aux yeux de l’opinion le respect de l’engagement pris ou simplement un reniement. Ce qui serait impardonnable. Mais finalement, il n’y eut que le reniement et cet événement a divisé la classe politique mais aussi les populations.
Du côté des souteneurs, notamment les militants de l’APR (Alliance Pour la République – Parti du Président) et les partis membres de la Coalition Beno Bokk Yakaar (coalition ayant porté Macky Sall au pouvoir), il est nécessaire de e conformer à l’avis du Conseil Constitutionnel. Dans la mesure où il a juré de respecter et de faire respecter la Constitution, il ne pouvait pas s’en éloigner et ne pas suivre cet avis. Donc, c’est un acte de patriotisme que de faire ce que le Conseil Constitutionnel lui proposait.
Du côté de l’opposition, c’est la colère devant ce qui est considéré comme un reniement d’autant que l’avis du Conseil Constitutionnel ne liait pas le Président. De ce fait, c’est un prétexte fallacieux qui est servi pour prolonger le mandat, contrairement à ce qui a été promis lors de la campagne électorale. Ce reniement est pour eux un mensonge et la preuve concrète que le Président ne respecte pas ses engagements. Pire, il veut changer la Constitution pour se frayer un chemin pour un troisième mandat. Puisque la révision constitutionnelle annulerait le mandat en cours et permettrait au Président de briguer deux autres mandats. Il y a aussi une disposition qui prête à confusion, par rapport au mode d’élection dont le libellé pourrait être interprété de différentes manières : un scrutin à un seul tour qui permettrait au candidat qui aurait une voix de plus que les autres de passer.
Ainsi assiste-t-on à une guerre larvée entre partisans du « non » et partisans du « oui », avec une faible communauté qui a décidé de boycotter et de ne pas prendre part à ce scrutin qui n’est d’aucun intérêt à leurs yeux.
Qu’adviendra-t-il de la révision constitutionnelle ? Personne ne peut prédire. Seul l’avenir nous édifiera. Le 20 mars n’est pas loin.
Mamadou DRAME

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