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Fri. Jun 21st, 2024

by mdrame

Dans sa volonté de procéder à une réforme des Institutions à travers un référendum, le Président sénégalais se trouve véritablement dans une position de seul contre tous. Là où, en 2001, le Président Wade avait réussi à rallier toute la classe politique à l’exception du Jëf Jël de Talla Sylla et du Parti pour l’Indépendance et le Travail (PIT) d’Amath Dansokho, c’est plutôt toute la classe politique regroupée au sein de l’opposition, les mouvements sociaux et la Société civile qui s’est liguée contre cette réforme jugée comme étant sans importance et inutile dans le contexte où nous sommes. Selon eux, la question de l’opportunité aussi se pose. Pour réussir son pari de faire voter sa Constitution, le Président Macky Sall ne se gêne pas pour faire la cour aux chefs religieux, essuyant à quelques endroits des huées. Il aurait aussi souhaité atteindre les 94% de son prédécesseur.

C’est ainsi un début de campagne pour le référendum poussif émaillé par des scènes de  violence  notées un peu partout. Ainsi, les usa dramedifférents cortèges sont attaqués par des nervis et caillassés pendant leurs passages dans des villes sensibles comme Guédiawaye, ou Thiès. Les partisans du NoN, regroupés autour des partis politiques de l’opposition, de la Société civile et des Mouvements sociaux, sont le plus souvent les victimes de ces violences.  Naturellement, ils accusent les partisans du OUI qui sont pour la plupart autour de la Coalition Benno Bok Yakar qui soutient le Président de la République, Macky Sall parlent de tentative de manipulation.

En tout état de cause, les états-majors se préparent et vont à l’assaut des électeurs avec tous les arguments qui peuvent militer en faveur de la tendance défendue. Si au niveau des souteneurs du Président, on met l’accélérateur sur le fait que si le OUI l’emporte, il y aura de nouveaux droits et l’opposition aura enfin un statut. Les droits et les devoirs des citoyens seront renforcés et le mode d’élection du Président de la République sera stabilisé définitivement.

Les partisans du OUI insistent sur le fait que la révision constitutionnelle est d’abord une demande du camp qui appelle à voter contre ce projet. Ils rappellent que ce sont les Assises organisées par l’opposition qui a fait tomber Abdoulaye Wade qui avaient recommandé la réduction du mandat présidentiel à 5 ans au lieu de 7 et la limitation du mandat du Président à 2. De ce fait, ils comprennent mal que les mêmes personnes  reviennent pour demander de voter contre ce projet.

Les partisans du NON, quant à eux, continuent de se cramponner sur les contre-valeurs incarnées par le Président de la République qui n’a pas respecté sa parole. Or, dans notre contexte, le fait de se dédire est vu comme un blasphème. Dans leur discours, ils essaient de montrer les pièges, notamment en ce qui concerne le mode de scrutin et la possibilité qui pourrait être offerte au Chef de l’Etat de briguer un troisième mandat.

Toujours selon ces derniers, voter Oui à ce référendum reviendrait à participer à la légalisation de l’homosexualité dans ce pays et à un encouragement de la spoliation des deniers publics avec la création du Haut Conseil Pour les Collectivités Locales, un organe de trop.

Les militants continuent de sillonner le pays, avec en bandoulière la consigne de vote. Le parti au pouvoir se démène comme un diable, puisque le rejet de cette Constitution signifierait un désaveu fort à l’endroit de leur mentor, le Président Macky Sall.

Mamadou DRAME

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